Accueil Actu Belgique Politique

Un mardi, un parti: le PTB dans un gouvernement, mission impossible?

Chaque semaine d’ici les élections, Martin Buxant analyse l’état de forme, les perspectives et les personnages clés d’une formation politique. Ce soir, c’est au tour du PTB, le parti de Raoul Hedebouw.

Si on nous avait dit, il y a quelques années, qu’un parti de tradition et de filiation communiste serait aussi grand et costaud que cela, probablement aurions eu du mal à le croire, mais c’est pourtant le cas en Belgique francophone en 2024. Les derniers chiffres de notre Grand Baromètre, en mars, pointent le PTB autour des 15 % d’intentions de vote en Wallonie, 17 % à Bruxelles, dans les 2 cas, c’est plus que lors des élections de 2019. Le PTB progresse partout, même en Flandre !

Notre journaliste politique Martin Buxant pointe trois raisons pour ce succès : 

  • Son président, Raoul Hedebouw, un talent politique hors du commun, brillant orateur, parfait bilingue et qui surfe bien sur la vague populiste. 
  • Une communication de parti massive et cohérente à coups de sponsorings importants sur les réseaux sociaux.
  • L’érosion constante de la gauche de pouvoir : le PTB vient boire dans l’abreuvoir d’un Parti socialiste, parfois vacillant.

Qui votera PTB le 9 juin prochain ?

Le centre d’études Cluster17 a examiné les intentions de vote et les résultats sont très intéressants. Nous remarquons que le PTB est le grand râteau de la politique belge. À Bruxelles, le PTB séduit les groupes urbains, diplômés, de gauche culturellement, mais aussi les jeunes d’origine immigrée, peu diplômés.

En Wallonie, les électeurs font plutôt partie de groupes très populaires anti-immigration, anti-islam, des ouvriers et des employés.
 
C’est donc très large, "c’est ce qu’on appelle une coalition du rejet", explique Martin Buxant. De nombreux sujets divisent les électeurs du PTB. Par exemple, la position sur l’Islam, sur la Russie ou sur la Chine. "Monter au pouvoir, c’est mission impossible pour le PTB, sa coalition du rejet éclaterait immédiatement", estime Martin Buxant, notre expert politique RTL info.
 
Quel avenir pour les personnages clés de la galaxie PTB après les élections ?

Tout d'abord, l’hyper-président Raoul Hedebouw. Il se présente à Liège, "mais on ne l’y voit plus beaucoup puisqu’il doit conduire la campagne nationale du parti et notamment en Flandre". Son défi, c’est de faire monter le PTB dans des gouvernements parce que sinon, ceux qui le soutiennent vont commencer à se demander à quoi il sert.

En Wallonie, Germain Mugemangango a fait un important job d’opposition au parlement wallon. On surveillera ce que cela donne ; il se présente à Charleroi.

Et à Bruxelles, Nabil Boukili, tête de liste, il est né et a grandi au Maroc, il fait actuellement un carton dans les quartiers du Nord de Bruxelles, on va voir comment cela va se traduire dans les urnes.

Cette radioscopie du PTB est à retrouver sur RTL play en compagnie de celles de tous les autres partis francophones.

 

 

 

À lire aussi

Sélectionné pour vous