Coronavirus: idées suicidaires, scarification, automutilation... La santé mentale des jeunes INQUIÈTE les psychologues

Plus d'infos sur CORONAVIRUS

Lors de la conférence de presse du comité de concertation, le Premier ministre Alexander De Croo a eu un mot pour les jeunes et les difficultés particulières qu'ils vivent en ce moment. Depuis le deuxième confinement particulièrement, les demandes pour des consultations en psychologie et en psychiatrie sont en nette augmentation. Certains jeunes arrivent en urgence à l’hôpital en situation de détresse. Un phénomène qui inquiète les professionnels du secteur.

Docteur Royez est psychiatre depuis 15 ans. Ces derniers mois, il assiste à un phénomène inquiétant. De plus en plus de jeunes arrivent chez lui dans un état de détresse. "On a l'impression actuellement qu'on rencontre plus de jeunes en salle d'urgence dans des situations principalement d'anxiété, de dépression parfois sévère, avec des idées suicidaires", confie David Royez, psychiatre à l'hôpital de Jolimont à La Louvière.

Le constat est le même pour Robert Helu, psychologue en Unité pédiatrique de la Clinique Notre-Dame de Grâce, à Gosselies. "Les demandes que l'on a ici, ce sont des jeunes qui arrivent avec des idées suicidaires, des passages à l'acte agressifs vis-à-vis d'autrui comme vis-à-vis d'eux-mêmes, scarification, automutilation. Il y a quelque chose d'assez inquiétant qui s'installe sérieusement maintenant et ce n'est que le début à mon sens d'un tsunami de décompensation de troubles psycho-affectifs qui vont vraiment s'accentuer dans les semaines et mois qui suivent."

Les parents doivent être attentifs

Ces jeunes sont en manque de contact, d'activités et ne parviennent plus à se projeter dans l'avenir. Selon ces professionnels, il est important que les parents soient attentifs au comportement de leur enfant et surtout, reconnaissent leur mal-être. "C'est le reconnaître réellement dans ce que nous vivons et qu'eux vivent. Ce n'est pas le même pour eux que pour nous en tant qu'adultes, et c'est très important. Ensuite, il faut essayer de leur donner la possibilité d'avoir des activités dans lesquelles ils vont pouvoir bouger, aller vers l'extérieur avec des amis avec lesquels ils peuvent à nouveau discuter, se toucher réellement."

De leur côté, les jeunes doivent éviter de s'isoler. "Je pense qu'il y a moyen de pouvoir se rencontrer à distance lors des périodes scolaires notamment, explique David Royez. C'est très important. Essayer de s'isoler un minimum. Et pour les périodes où on est confiné avec ses parents, essayer de peut-être développer de nouvelles activités qu'on n'avait plus l'habitude de faire."

Adapter les mesures

Pour Robert Helu, il y a urgence. Il faut adapter les mesures, notamment en permettant la reprise des activités extrascolaires, sans quoi la situation continuera à s'aggraver. Hier, une vingtaine de professeurs du nord et du sud du pays ont également fait une demande. Ils ont rédigé un plaidoyer pour la réouverture des auditoires à la rentrée de février 2021. Ils considèrent, en effet, que la "situation n'est pas tenable" pour les étudiants. Les académiciens estiment également qu'au vu de l'évolution de l'épidémie en Belgique, une réouverture, même partielle, est possible.

COVID-19 Belgique : où en est l’épidémie ce samedi 23 janvier ?

Justine Roldan Perez et Sylvain Winance

A lire aussi

Privés de fêtes, de sorties et de leurs amis,ces jeunes se confient à cœur ouvert: "On n'a pas pu fêter nos 18 ans" Coronavirus: de plus en plus de jeunes veulent se faire vacciner pour retrouver "une vie normale" Fêtes clandestines: le tribunal d'Anvers condamne des jeunes à 2 mois de prison et 1.200 euros d'amende Le dernier mot du Premier ministre est pour LES JEUNES: "Nous vous demandons un dernier effort" Le nom et la lettre d'une victime pour ne pas oublier: l'action CHOC contre l'alcool au volant en Belgique Ce docteur belge a lui-même essayé la colchicine contre le coronavirus: le médicament oral réduit le risque de complications selon une étude Coronavirus: des personnes contaminées au variant sud-africain à Ostende, on en sait plus sur le "cas zéro" Les autorités limitent le nombre de vaccins Pfizer administrés par semaine: voici pourquoi Coronavirus dans les écoles: du changement pour les enfants qui se sont assis à côté d'un élève contaminé Camille, 21 ans, veut faire passer un message à ceux qui "critiquent les jeunes": "Auriez-vous mieux agi que nous?" De nombreux enfants et ados ont pris du poids à cause du confinement: "Ils sont livrés à eux-mêmes à la maison"

Reactions

Vous devez accepter les cookies de réseaux sociaux pour afficher les commentaires.

En ce moment sur RTL info

Partager
Alertez nous

Ce site optimisé pour un affichage sur mobile

Pour un affichage optimal, nous vous recommandons d'accéder à la version PC. Quelle version désirez vous?