A 62 ans, Anne "souffre de collagénose" et pense qu'elle ne peut pas recevoir le vaccin anti-covid: "J'ai trop d'immunité"

A 62 ans, Anne "souffre de collagénose" et pense qu'elle ne peut pas recevoir le vaccin anti-covid: "J'ai trop d'immunité"

Anne, une habitante de Ruisbroeck dans le Brabant flamand, estime ne pas pouvoir recevoir le vaccin contre le Covid-19. A 62 ans, elle souffre de collagénose, une maladie auto-immune qui, selon elle, représenterait une contre-indication à la vaccination. Est-ce vrai ? Comment faire lorsqu’on ne peut pas être vacciné ? Comment obtenir son Covid Safe Ticket ? Voici ce que disent les experts à ce sujet.

"Je souffre de collagénose, une maladie auto-immune qui ne me permet pas d’être vaccinée contre le Covid", nous écrit Anne via le bouton orange Alertez-nous. Atteinte de cette pathologie depuis une quarantaine d’années, cette habitante de Ruisbroek, dans le Brabant flamand, nous dit ne jamais tomber malade. "J’ai trop d’immunité, je n’ai jamais la grippe, mon corps lutte contre tout ça."

Elle est suivie par une médecin homéopathe spécialisée dans les maladies auto-immunes. C’est d’ailleurs elle, nous précise Anne, qui lui a recommandé de ne pas faire le vaccin. "Elle m’a dit que ce serait moins grave si j’attrape le Covid que si je me fais vacciner. Le vaccin peut engendrer plus de dégâts que le Covid. Quand je prends un médicament, ça a des effets négatifs sur mon corps. Et prendre un vaccin à ARN, mon médecin m’a dit que c’était dangereux pour moi", affirme notre interlocutrice qui est bien décidée à ne pas franchir le pas. Et pour cause, elle pense être moins fragile face au Covid-19. "Encore l’autre jour, j’avais un gros rhume. J’ai fait un auto-test, il était négatif. J’ai été en contact pendant une semaine avec des personnes qui avaient le Covid. Elles étaient très peu malades mais j’étais en quarantaine avec elles et je n’ai rien attrapé."

Si sa maladie semble être un avantage, en réalité, il n’en est rien. Anne assure qu’elle subit les conséquences de la collagénose. "Je suis très vite fatiguée, j’ai mal aux jambes, parfois je ne suis pas bien. Je suis une ancienne professeure de gymnastique donc je suis de nature à me forcer. J’ai fait mon métier jusqu’au bout et je force encore parfois. Cette maladie, c’est dur à vivre au quotidien. Mais c’est par période, je sors d’une période très difficile avec l’automne", détaille la sexagénaire.

Obtenir son Covid Safe Ticket grâce au test sérologique ?

Face à cette situation qu’elle et son mari jugent "catastrophique", le couple tente de trouver des solutions. Mais selon eux, le gouvernement ne fait rien pour "les cas comme le mien." Ce qui embête surtout Anne, c’est de devoir payer 30 euros à chaque fois qu’elle réalise un test PCR. Elle ne peut pas non plus faire d’activités ou voyager lorsque le Covid Safe Ticket est requis. "Même pour les gens chez qui on est invité, on dit non… On me dit aussi que je peux être porteuse du virus", glisse-t-elle.

Anne nous confie se sentir "seule au monde", seule dans cette situation. "Je voudrais que les gens qui ont ça aussi se manifestent. Je sais que d’autres personnes ne peuvent pas avoir le vaccin car elles sont allergiques. Qu’on cherche une solution pour ces gens-là." Son mari la soutient comme il peut mais il avoue se sentir isolé. "Cela fait des mois qu’on cherche une solution. En Suisse, ils ont pourtant la solution : les personnes concernées peuvent passer un test sérologique pour obtenir le Covid Safe Ticket valable 90 jours s’ils ont les anticorps", explique celui qui a l’habitude de voyager dans ce pays. 

Mais en Belgique, cette possibilité n’est pas envisageable. "Le test sérologique n’est pas reconnu comme étant une protection car on ne sait pas quel taux d’anticorps est suffisant pour être protégé contre le virus, nous informe Yves Van Laethem, infectiologue et porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus. Certains pays l’acceptent, d’autres pas… Mais en Belgique, il n’est pas accepté."

"C’est extrêmement rare qu’une personne ne puisse pas faire le vaccin"

A l’heure actuelle, il n’existe pas de contre-indication à la vaccination, sauf si l’on présente une allergie avérée à l’un des constituants du vaccin, c’est-à-dire une hypersensibilité à la substance active ou à l’excipient (substance autre que le principe actif) qui accompagne le principe actif. La contre-indication signifie que l’on ne peut pas être vacciné, ce qui est un fait très rare à ce jour. "Quand on souffre de collagénose, on a une auto-immunité, c’est-à-dire une immunité dirigée contre nous-mêmes. Elle attaque nos propres protéines alors qu’on est censé être fait pour se tolérer nous-mêmes. Pour lutter contre ça, on essaie de réduire l’immunité de la personne", développe Yves Van Laethem.

Pour les patients qui souffrent d’une maladie auto-immune, on recommande d’avoir une vaccination

Même si le médecin d’Anne lui a déconseillé de faire le vaccin, cela ne veut donc pas dire pour autant qu’elle ne peut pas le faire. "Au contraire, on incite les personnes auto-immunes à faire le vaccin car ce sont des personnes plus à risque. C’est extrêmement rare qu’une personne ne puisse pas faire le vaccin", insiste le porte-parole interfédéral de la lutte contre le coronavirus. "Les maladies auto-immunes ne sont pas une contre-indication pour le vaccin à ARN", appuie de son côté Jean-Michel Dogné, expert à l’agence belge du médicament et à l’agence européenne du médicament. "C’est même l’inverse. Pour les patients qui souffrent d’une maladie auto-immune, on recommande d’avoir une vaccination un peu plus importante", dit-il également.

Des alternatives pour les personnes allergiques au vaccin

Dans le cas d’une allergie au vaccin, il existe néanmoins une alternative : la possibilité de recevoir un vaccin à la composition semblable à ceux à ARN messager. "On propose aussi la possibilité d’être vacciné dans des centres spécialisés entouré d’allergologues", note Jean-Michel Dogné. Dans ces cas-là, au moment de l’administration de la dose, les patients sont mis sous surveillance par des médecins allergologues particulièrement habilités. "Des tests sont aussi réalisés au préalable pour analyser les risques de réaction", précise cet expert. La vraie raison de ne pas administrer le vaccin serait dès lors lorsque le patient a eu une réaction grave à la première dose. "Là encore, c’est très rare", insiste-t-il.

Si une personne se trouve dans ce cas de figure, l’un des allergologues habilités pourra alors lui faire un certificat prouvant qu’elle ne peut pas recevoir le vaccin contre le Covid-19. Elle recevra son Covid Safe Ticket mais il ne sera valable qu’en Belgique. Dans le cas d'Anne, la décision de ne pas se faire vacciner relèverait de son choix personnel, du moins aux yeux des autorités. Il n’y a donc pas de solution pour obtenir son Covid Safe Ticket puisqu’il ne s’agit pas d’une contre-indication à la vaccination.

Elisa Gabriel

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