"C’est catastrophique", Martine est scandalisée par le nombre de déchets accumulés sur un terrain privé à Couillet: comment la ville peut-elle agir?

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"Je vous contacte pour un terrain face à la chaussée de Philippeville à Couillet, près du Bellefleur, pour barrières dégradées, déchets en tout genre, pollution, dégradations et la végétation a repris ses droits", nous écrit Martine via le bouton orange Alertez-nous.

Chaque semaine, cette habitante de Couillet traverse la chaussée de Philippeville à pied pour se rendre au supermarché et faire ses courses. Sur son chemin, elle passe devant un terrain déserté et laissé à l’abandon. Anciennement une pompe à essence, ce terrain est devenu progressivement un lieu où les déchets se sont accumulés. "C’est catastrophique, c’est une déchèterie à ciel ouvert", dit Martine scandalisée.

Avec des barrières en métal par terre, des sacs poubelles éparpillés, des matériaux de construction, des vitres cassées et une végétation qui ne cesse de grandir, le lieu ne passe pas inaperçu. "C’est en plein milieu de la chaussée de Philippeville, un peu avant le zoning de Bellefleur donc c’est un lieu très fréquenté", explique cette Couilletoise de 65 ans.


(c) Google Street View

Les déchets s’accumulent depuis quelques années

Selon Martine, la situation ne fait qu'empirer depuis plusieurs années. "La saleté appelle la saleté. Il y a aujourd’hui des rats (...) Ça me choque et puis c’est dangereux. On peut trébucher, tomber à cause des barrières", s’indigne-t-elle. 

Le terrain étant à 5 minutes à pied de son domicile, Martine estime qu’il donne à son quartier un aspect de plus en plus "crasseux". "Ce qui m’embête le plus, c’est de voir qu’on fait tant de choses pour la Ville de Charleroi. On dépense beaucoup d’argent mais les à-côtés, les Couilletois, nous sommes abandonnés", s’étonne-t-elle. Elle pointe également du doigt d’autres problèmes liés à sa rue. "Je dois toujours interpeller la ville pour qu’on vienne déboucher les avaloirs. On paie pourtant des taxes pour cela. Avant, on venait deux fois par ans pour déboucher. Maintenant, ce n’est plus le cas. Il y a des arbustes et de la végétation qui pousse", souligne-t-elle.

Il n'y a rien qui bouge

Née à Couillet, elle connaît cette section de la Ville de Charleroi comme sa poche. L’endroit lui a toujours plu pour son accessibilité. "J’aime bien ma petite maison, je l’ai aménagée. J’ai un jardin arboré. Je n’ai pas de voiture mais je suis près des arrêts de bus, des magasins. C’est un quartier achalandé", précise-t-elle. Néanmoins, l’environnement lui semble aujourd’hui bien différent d’il y a quelques années. "Il y a des incivilités au niveau des déchets. Dans ma rue, on jette tout et n'importe quoi : des canettes, des masques, etc. J'ai aussi vu des rats en pleine journée", détaille-t-elle. Pensionnée depuis mars 2021 et habitant seule, elle y prête davantage attention. "Je remarque tout ça. On a beau interpeller le monde politique, il n’y a rien qui bouge", rétorque-t-elle. Martine a, de fait, déjà tenté de joindre à plusieurs reprises l’échevin de la propreté de la Ville de Charleroi, en vain. 

Des délais très longs pour intervenir

Contactée, la Ville de Charleroi assure ne pas avoir reçu de sollicitations citoyennes pour régler ce problème. "Après quelques recherches, nous avons pu constater que le terrain était une parcelle privée. La ville n’est donc pas habilitée à y intervenir pour enlever le dépôt", répond Fanny Van Leliendael, porte-parole de la Ville de Charleroi.

Si les déchets accumulés sur une propriété privée sont visibles de la rue, il faut en tout cas prévenir sa commune. Mais que peut faire la ville lorsqu’un propriétaire laisse son terrain à l’abandon et qu’il devient le réceptacle de déchets ? Dès qu'ils sont alertés, les services de l’administration se rendent dans un premier temps sur place pour constater le dépôt. Si c’est le cas, ils essaient dans un second temps d’identifier le propriétaire. "Une fois celui-ci identifié, il lui est adressé un premier courrier d’avertissement assorti d’une période de 15 jours pour réaction. En l’absence de réaction, il lui est envoyé un constat officiel et une convocation à venir s’expliquer auprès de l’administration. Un délai de 15 jours lui est laissé pour se présenter", détaille la porte-parole de la Ville de Charleroi. Si la personne ne réagit toujours pas et ne se présente pas auprès de l’administration, la ville prend immédiatement des mesures. "Il s’agit d’une procédure par laquelle la ville se substitue au propriétaire défaillant, intervient pour le retrait du dépôt et retourne la facture au propriétaire avec une amende à la clé", conclut-elle.

Identifier les propriétaires des déchets n’est pas évident

Ainsi, la ville ou la commune interviendra, pour autant que le dépôt de déchets soit "limité et non dangereux". En cas de dépôt important, la région est aussi compétente pour intervenir. "Lorsqu’il y a de grosses pollutions, lorsque l’on doit contrôler le respect des permis environnements détenus par les entreprises ou lorsqu’il y a des dépôts clandestins conséquents", précise Nicolas Yernaux, porte-parole du Service Public de Wallonie. Dans certaines situations, un procès-verbal peut être dressé. Pour déterminer qui de la région ou de la commune est en charge du dossier, les services compétents se reposent sur la jurisprudence. "Mais on est en train de travailler sur un décret qui permettra de délimiter quand est-ce qu’une action doit être prise par la commune ou par la région de manière plus claire", explique Nicolas Yernaux.

Ici, c’est à la ville de prendre les dispositions nécessaires. Après notre appel téléphonique, le service Propreté de la Ville de Charleroi assure avoir fait un premier constat sur place. Il contactera le propriétaire dans les prochains jours. "La procédure peut parfois prendre un certain temps car identifier les propriétaires des déchets n’est pas évident", ajoute-t-elle.

Pour signaler tout problème de propreté ou de salubrité à Charleroi, les citoyens sont invités à prendre contact avec la ville soit par mail à l’adresse suivante : interventions.pnv@charleroi.be ; soit par téléphone au 0800/240 63.

Laura Van Lerberghe

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