Des élèves d’une école de Forest fabriquent un satellite en forme de canette: "Nous avions tous envie de participer et surtout d’assister au lancement"

Des élèves d’une école de Forest fabriquent un satellite en forme de canette: "Nous avions tous envie de participer et surtout d’assister au lancement"

Mahault, Chloé, Hugo, Laura, Erwann et Asmae ont poussé le bouton orange Alertez-nous pour nous parler du projet scientifique sur lequel ils travaillent depuis plusieurs mois. Ces élèves de 5e secondaire à l’Institut Saint-Ursule de Forest participent à CANSAT BELGIUM, un concours scientifique dans lequel ils doivent réaliser un satellite en forme de cannette de 33 cl. Ils ont déjà réussi à passer la demi-finale et, lors de la finale, leur satellite sera propulsé dans une mini-fusée. L’équipe gagnante ira représenter la Belgique à la compétition européenne de CANSAT.

"Nous sommes une équipe de six jeunes passionnés de sciences. Nous participons à l’aventure CANSAT, un concours scientifique. Le nom de notre équipe est AstroCan. Nous aimerions si possible parler de nous." Mahault, Chloé, Hugo, Laura, Erwann et Asmae, tous âgés de 16 ans, ont poussé le bouton orange Alertez-nous afin de nous parler du projet scientifique sur lequel ils travaillent depuis plusieurs mois.

Ces élèves de 5secondaire à l’Institut Saint-Ursule de Forest participent à CANSAT BELGIUM, un concours scientifique organisé par la Wallonie, la Région bruxelloise et le bureau européen de ressources pédagogiques spatiales ESERO Belgium. Le but de ce projet ? "Susciter des vocations vers les carrières scientifiques et techniques chez les jeunes", nous explique Elise Munoz-Torres, organisatrice du concours CANSAT BELGIUM pour la Wallonie.

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Cinq membres d'AstroCan aux côtés de Dirk Frimout (D.R.)

L’idée est en effet d’éveiller les jeunes de 5e et 6e secondaires aux sciences à travers la réalisation d’un projet scientifique dans le domaine spatial. "Il s’agit de construire leur propre satellite (sat) en forme de cannette de 33 cl (can) et le faire voler à bord d’une fusée", détaille l’organisatrice wallonne du concours.

Nous devions créer un satellite qui a la forme d’une canette et avions deux missions à accomplir

Lancé en 2012, ce concours attire chaque année de plus en plus de jeunes issus de toutes les écoles de Belgique. Lors des premières éditions, moins de 15 équipes s’y étaient inscrites. Mais ce chiffre a rapidement augmenté pour atteindre aujourd’hui plus de 30 inscriptions. "Pour cette édition 2021-2022 de CANSAT BELGIUM, nous avons reçu 33 candidatures qui ont toutes été retenues à l’issue de la sélection sur base des critères d’éligibilité", note Elise Munoz-Torres.

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La cannette, modélisée sur logiciel et ensuite imprimée en 3D

C’est en région bruxelloise que les inscriptions sont les plus nombreuses. 19 équipes au total et parmi elles, nos 6 élèves de l’Institut Saint-Ursule de Forest. Ils ont pris connaissance du projet en septembre 2021, via l’école. "Notre professeur de sciences a pris du temps sur son cours pour nous présenter de manière très dynamique et enthousiaste ce concours, nous explique Chloé, l’une des membres du groupe. Elle aime beaucoup ce projet mais elle n’avait pas pu y participer l’année dernière à cause du Covid. Donc elle était super excitée de repartager ça et ça a donné envie à beaucoup d’élèves." Les étudiants se sont rapidement montrés motivés par le challenge et l’équipe d’AstroCan s’est alors formée. "Nous avions tous envie de participer, et surtout d’assister au lancement", se réjouissent-ils. Mais avant d’assister à ce lancement tant attendu, il fallait d’abord répondre aux exigences de CANSAT. "Nous devions créer un satellite qui a la forme d’une canette et avions deux missions à accomplir", développent les membres d’AstroCan.

Des missions primaire et secondaire

La première mission – appelée mission primaire – est obligatoire et identique à toutes les équipes participant au concours. Il s’agit de relever des données de température et de pression atmosphérique et de les envoyer en temps réel à une station au sol. Il faut ensuite faire atterrir le satellite en forme de canette en douceur. "Notre cannette sera placée dans une fusée et envoyée à 1km de hauteur. Quand la fusée atteint cette hauteur, elle va déployer les différentes cannettes contenues à l’intérieur et les cannettes devront sortir leur parachute", nous raconte Chloé. Les étudiants doivent créer eux-mêmes ce fameux parachute et penser à la manière donc il pourra s’ouvrir afin de proposer un atterrissage contrôlé. "La canette doit respecter une certaine vitesse en descendant et elle prendra les données pendant sa descente", poursuit la jeune fille de 16 ans.

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Cinq des six membres de l'équipe d'AstroCan (D.R.)

Outre cette première mission déjà très technique, les participants sont également soumis à une mission secondaire, propre à chaque équipe. Les élèves doivent en effet imaginer un objectif scientifique supplémentaire à atteindre. "Nous avons eu l’idée de reproduire une échographie à distance. On s’est inspiré des problèmes des astronautes. On suit, par exemple, Thomas Pesquet sur Instagram", développe Chloé. L’intérêt est, selon eux, de démontrer qu’il est possible de se faire soigner à distance en cas de maladie. "Notre professeur a participé pendant plusieurs années à ce concours et elle nous a dit qu’elle n’avait jamais rencontré ce type de projet, qu’il sortait de l’ordinaire", glisse-t-elle, confiante.

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Le parachute et l'appareil pour réaliser l'échographie à distance (D.R.)

Pour mener à bien leur projet, les camarades de classe se réunissent trois fois par semaine, sur le temps de midi. "C’est un projet qui demande beaucoup de travail, avoue Chloé. Nous devons avancer le plus vite possible car nous avons plusieurs rapports à rendre et les retards ne sont pas permis." Depuis le mois d’octobre, les 6 candidats travaillent d’arrache-pied sur cette mission, notamment pour être prêts pour la demi-finale du concours. "Il fallait montrer globalement ce qu’on a fait jusqu’ici, réexpliquer notre mission, faire un PowerPoint… On a dû résumer au maximum notre projet en 5 minutes."

C’était le soulagement quand on est passé, surtout qu’on a rencontré des équipes avec un très bon niveau

L’événement se tenait le 23 mars dernier, à l’ULB. "On n’avait pas tellement de pression jusqu’à ce que notre tour arrive, dit-elle. On était prêt mais je pense qu’on appréhendait surtout les questions qu’on pourrait nous poser, peur de ne pas comprendre ou ne pas savoir répondre parce qu’on n’y avait pas pensé…" Il faut dire que l’ensemble du concours se déroule en anglais, de la présentation orale, à la rédaction des rapports, en passant par les échanges avec les membres et professionnels. "On est tous les 6 en immersion donc la langue, ce n’est pas le plus difficile", concède l’étudiante.

Lors de cette demi-finale, le jury d’experts a sélectionné les 24 meilleures équipes et nos apprentis scientifiques bruxellois ont eu la chance de pouvoir poursuivre l’aventure. "C’était le soulagement, surtout qu’on a rencontré des équipes avec un très bon niveau. Vraiment, on était soulagé car on a dû attendre toute la journée pour savoir si on passait ou pas. Mais je pense qu’on s’en était quand même bien sorti, on ne pouvait pas ne pas passer."

Même si les membres d’AstroCan se disent heureux de poursuivre l’aventure, Chloé nous confie tout de même que, pour elle, l’objectif n’est pas nécessairement de remporter la compétition en mai. "Dans notre équipe, il y a des membres pour qui ça importe vraiment de gagner. Et d’autres, c’est plus pour s’enrichir, découvrir de nouvelles personnes, pratiquer la langue… Moi, mon but, c’est d’arriver à la fin mais pas forcément de gagner. Je veux réussir le lancement et réussir à faire les graphiques avec les données que l’on va récolter."

Dernière ligne droite pour AstroCan

C’est à présent la dernière ligne droite pour nos scientifiques en herbe. "On fait les derniers tests radio pour récolter les données. On arrive à la fin et on met tout au propre. On doit encore tester de mettre toutes les composantes dans la cannette modélisée, mais bon, ça c’est un peu technique", plaisante-t-elle.

La grande finale du concours belge aura lieu au début de mois de mai. C’est un peu "l’apogée de la compétition", comme le définit Elise Munoz-Torres. L’événement s’étalera sur 3 jours et aura lieu à la base militaire d’Elsenborn, en province de Liège.

Une seule équipe sera sacrée vainqueur, sur base de ses performances tout au long du projet, du vol de son satellite et du résultat final. "L’équipe gagnante aura le privilège de représenter la Belgique lors de la compétition européenne de CANSAT organisée par l’Agence Spatiale Européenne", se réjouit l’organisatrice du concours pour la Wallonie. CANSAT BELGIUM est en effet issu d’un concours européen lancé en 2010 par l’Agence Spatiale Européenne (ESA). La compétition européenne se déroulera du 20 au 25 juin 2022 dans l’un des pays de l’Union européenne. "Ça serait chouette d’y parvenir mais je pense que ça doit être difficile à gérer, surtout pendant les examens", note l’élève de l’Institut Saint-Ursule de Forest. "Ce n’est pas ce que je vise mais si on est premier, je serai aussi super contente", conclut-elle.

Elisa Gabriel

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